Marie-Ange, dite Esmeralda, prostituée, rêve de jours meilleurs. D’origine palestinienne, elle se sent abandonnée par la France, elle qui voulait faire des études, et seuls ses livres lui font oublier la misère et la violence du quotidien. Georges écrit des poèmes, tout en s’entraînant pour devenir professionnel de boxe. Il a rompu avec les traditions juives de sa famille afin de mener sa vie de manière indépendante, et d’arriver au bout de ses ambitions.

Je ne peux pas en dire plus sur ce roman car je me suis arrêtée au bout de 100 pages, un tiers du livre. Cela aurait pu être une belle histoire, mais l’écriture m’a complètement bloquée. Une écriture très lourde, très difficile, jugez-en vous-même par cet extrait (4e de couverture) :

« Assise sur le parvis d’une église, soutenant la tête d’un homme suant le sang, fatigué de tourments, suant le sang de vouloir autre chose de mieux dans sa vie, suant le sang à la rencontre de son âme sœur, suant le sang d’une profonde blessure à l’abdomen, elle pleure. Coup de surin vif, éclair de sang zébré de larmes, estafilade suppurante les maudissent. Assise sur le parvis des prières, soutenant la tête d’un homme suant le sang, elle, Esméralda, d’un rêve de trois billets, souffle, souffre d’un destin trop lourd. Elle essuie, avec un chiffon de résignation et avec toute sa fibre maternelle, le liquide rouge.
De sa bouche s’échappe la brume d’un hiver rude, d’un hiver témoin d’une scène tragique. « 

J’aurais pu continuer si j’avais pensé que la difficulté de l’écriture apportait réellement quelque chose au livre, parce-qu’avec un peu de concentration on y arrive. Mais j’ai plutôt l’impression qu’il s’agit d’une façon de pavaner. Ecriture difficile ne rime pas forcément avec belle littérature.  Pour moi les tournures de phrases employées par l’auteur, les mots que je ne connais pas, n’apportent rien au livre. Sans avoir une écriture facile et plate, comme les Marc Levy et compagnie, il y a des auteurs tels que Stefan Zweig qui savent trouver les mots justes et précis, écrire de belles phrases, tout en restant parfaitement abordables et clairs pour la plupart des lecteurs. Ici ce n’est pas le cas. Et ma question est : à quoi ça sert ? Ecrire pour soi, oui sans doute, et je conçois que l’auteur aime son style (je l’espère !), mais écrire et surtout être publié, c’est partager aussi …

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