Islande, au commencement du livre, la narratrice (on ne connaît pas son nom) divorce, gagne des millions au loto et reçoit un chalet de vacances comme premier prix d’une tombola d’une association de sourds et malentendants. Chance ou malchance ? Tous ces éléments vont la décider à changer de vie. Parcourir  son pays,  partir à la recherche d’elle-même, cette femme que finalement elle ne connaît pas et qu’elle ignore depuis des années, des années sans saveurs en fin de compte. La voilà partie, sous des pluies diluviennes, accompagnée par Tumi, garçonnet de quatre ans, malentendant, malvoyant, fils de son amie Audur, coincée à l’hôpital pour cause de grossesse à risque.

J’avais mis beaucoup d’espoir dans la lecture de ce roman qui s’avérait très prometteur, pour en fin de compte être plutôt déçue. J’ai vraiment accrochée aux cent dernières pages du livre qui en compte quatre cent. C’est un peu maigre. Le thème principal me plaisait beaucoup pourtant : le voyage à la recherche de soi. Pour moi ce roman manque de consistance, et m’a donné l’impression que le sujet était traité de très haut, très loin. Pas d’émotion, rien, je suis restée de marbre pendant les trois cent premières pages.

Peut-être est-ce à cause de la froideur et de la distance de la narratrice, caractéristique de son personnage au début du roman ? Mais c’est la narratrice quand même, alors si on ne peut rien ressentir à travers ses mots, par où doit-on passer ? L’auteur aurait-elle pu faire autrement, pour nous offrir des émotions ? Et je me dis que même à travers cette froideur j’aurais quand même pu ressentir des choses, mais les mots n’étaient pas là. J’ai trouvé que l’écriture restait très vague, se contentait de décrire beaucoup de faits, sans approfondir les ressentis qui y étaient liés. J’ai trouvé le vocabulaire pas assez bien choisi, pas assez précis, assez pauvre au final, seulement dans le descriptif, et tout cela ne m’a pas permis de rentrer dans le roman, je suis restée la lectrice qui tient le livre entre ses mains, et qui regarde les pages d’en haut.

J’ai vu du mieux à la lecture des cent dernières pages, justement parce-que la narratrice s’ouvre je pense, mais ça reste faible tout de même. En fin de compte, je n’ai pas bien saisie ce qu’elle avait trouvé, si elle était satisfaite ou non, dans quelle mesure avait-elle changée ? Quel était son ressenti ? Bien sûr ça se voit quand même, à ses comportements, mais j’aurais aimé en savoir d’avantage, et encore une fois elle ne se livre pas. Pudeur ? Je ne sais pas, mais même avec pudeur il est possible de faire sortir des sentiments, des mots, en catimini. Ce que je n’ai malheureusement pas vu ici.

Déçue donc, je me répète, pour un livre qui aborde le thème de la connaissance de soi je l’ai trouvé trop peu travaillé, pas à mon goût en fin de compte. Mais ce n’est que mon avis, et peut-être que vous aimerez. Je ne vais pas déconseiller ce livre, parce-que je pense que le plaisir que l’on prend ou non à sa lecture dépend de la sensibilité de chacun.

J’inscris ce livre dans le challenge 1% de la rentrée littéraire 2012 de Hérisson.

challenge album

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