Quatrième de couverture :

La Guadeloupe, 1980. Dans une île travaillée par les tensions sociales et raciales, on découvre le cadavre d’un riche « Blanc pays » nommé Raymond Calais. La gendarmerie arrête un ancien bagnard qui, après quarante ans passés à Cayenne, est rentré depuis peu dans son île natale. Il s’agit sûrement d’une histoire de terres volées au vieux Guadeloupéen car le pouvoir ne saurait envisager la thèse d’un crime politique, surtout à huit mois des élections présidentielles.

Fraîchement débarquée à Pointe-à-Pitre, la juge Anne-Marie Laveaud croit à la justice républicaine. Mais très vite, Békés, Métropolitains, Noirs et Indiens lui font comprendre que la Guadeloupe, ce n’est vraiment pas la France…

Dans son premier roman écrit directement en français, Timothy Williams brosse un portrait lucide et fouillé du « département 97-1 », cette Guadeloupe où il habite depuis plus de trente ans.

Mon avis :

J’ai lu ce livre dans le cadre de l’opération Masse critique de septembre organisée par Babelio. Je remercie donc Babélio ainsi que les éditions Payot-Rivage de m’avoir permis de lire ce livre.

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman policier dont l’intrigue se situe dans un cadre historique très particulier : celui de la situation de la Guadeloupe en 1980, aux portes d’une potentielle rébellion contre la France coloniale. Plus que l’enquête en elle-même, j’ai apprécié découvrir une île que je ne connaissais pas du tout, avec sa culture, ses coutumes, son état d’esprit. J’ai beaucoup voyagé au fil des pages. J’ai particulièrement apprécié la richesse du texte, les détails apportés sur le contexte, l’environnement, les paysages, ainsi que les différentes ethnies vivant sur l’île et leurs relations : les noirs, les békés, les indiens, les mulâtres. L’auteur a su rendre ce récit vivant, le personnage principal, Anne-Marie, attachant, et m’a donc naturellement captivée jusqu’à la fin.

Ce que j’ai le moins apprécié finalement, c’est l’enquête, un peu trop « fouillis » pour moi (au point que j’ai été plusieurs fois perdue) et qui se termine, à mon avis, en queue de poisson. Une chute un peu trop rapide à mon goût, avec des passages volontairement omis par l’auteur qui ont contribué au flou de l’histoire et qui ne m’ont pas aidé à comprendre tous les tenants et aboutissants de l’enquête. Peut-être aurais-je mieux compris si j’eusse été au fait de tous les évènements de cette époque là, mais c’est dommage de cantonner la compréhension de l’histoire aux lecteurs avertis, dommage pour les novices comme moi.

Une fin un peu précipitée, dont l’unique but, à mon avis, était de montrer que finalement c’est la corruption qui gagne face à la justice en Guadeloupe, et qu’en cela l’île est différente de la métropole. Cette affirmation est répétée tout le long du roman, et à chaque fois Anne-Marie y répond avec son idéal de justice. Et pourtant … Même la personne la plus éprise de justice n’a comme seul choix final que celui de se soumettre à se système pour sauver sa peau … Amertume .. Mais peut-être est-ce le lot des Guadeloupéens à cette époque là.

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